L’Audibergue – Des descentes pleines d’émotions

On peut aller à Auron ou à Isola 2000 pour la qualité de leurs installations, pour la neige de culture, pour les animations, la glisse, les sensations. On peut aller à Gréolières parce que c’est peut-être la plus populaire mais il y a une chose que l’Audibergue a et que les autres ont du mal à avoir : une âme. On va à l’Audibergue pour ressentir des émotions avant d’y aller pour ressentir des sensations. Et c’est ce qui fait tout le charme de l’Audibergue.

7 ans c’est long

7 ans que le téléski du Signal n’avaient pas emmener des skieurs au sommet. je vous renvoie vers mon article sur la réouverture de la station pour en connaitre les raisons. 7 ans c’est long, très long. Pour marquer l’occasion, les 3 lettres du forfait à l’ancienne, celui qu’on colle sur une petite attache métallique était « SKI ». Comme un hommage et une renaissance. Alors forcément quand on prend la toute première perche, même s’il fait moche, même si on est dans le brouillard, ça fait quelque chose. Quelle émotion !

Je rencontre Audrey, qui a grandit ici qui est venu avec sa fille de 6 ans qui n’était même pas née en 2018. La maman tout sourire pour partager ce moment avec sa fille.

La montagne n’est pas très accueillante dans un brouillard à couper au couteau où seul le jalonnage permet de ne pas se perdre. Qu’à cela ne tienne, il fera beau demain.

Un Dimanche de renaissance

Ce Dimanche le ciel est bleu, pas un nuage à l’horizon. Les 3 lettres du forfait sont « HUG » un calin pour embrasser les pentes du mont de l’Audibergue. Les téléskis du Signal et des Lavandes sont là. Ronronant malgré leur age avancé. La perche part, les skis crissent sous la fine couche de la nuit.

Le damage de Kleber est excellent, la neige est de superbe qualité, la montagne est belle.

Le parking se remplit, les familles, les gens de la vallées, les résidents secondaires prennent possession de la station. Les familles font découvrir aux plus jeunes la station qui les a vu débuter en ski, leur station. Ils sont plein d’émotions. Alors que certains curieux découvrent pour la première fois l’Audibergue, d’autres se saluent, se tutoie se remémorent les belles années.

Les sourires sont partout, des perchmans, aux pisteurs, aux clients, aux lugeurs. Tout le monde est heureux d’être là. Chacun apporte un petit quelque chose qui fait de ce moment un grand moment.

Certains vont skier dans les grandes stations du Mercantour et enchainent les pistes comme un produit de consommation. Lorsque l’on vient à l’Audibergue chaque descente est extrêmement précieuse, elle est rare. On savoure chaque piste comme si c’était la dernière fois qu’on la descendait. On capture chaque instant, chaque sensation, chaque vue. Ce moment est à nous et à personne d’autre. Il y a beaucoup d’émotions partout. Certains me disent « Whaou quel effet ! » d’autres m’envoient « Quand j’ai pris la perche, j’ai reculé de 30 ans et je me suis revu gamin manger la neige sur ce téléski », d’autres encore m’avouent avoir versé une larme. Un moment d’une grande pureté, de lâcher prise complet. Tout le monde était émue de ces retrouvailles.

Claude Albrand, guide de haute montagne dans les Ecrins a dit : « C’est l’homme qui fait ressortir l’âme de la montagne ». Quoi de plus vrai ici.

Ce qui est prit n’est plus à prendre….

Merci.

NB : Pour en savoir plus sur l’Audibergue, son histoire et son avenir je vous renvoi vers mon documentaire Et Demain ? Les stations des Pré Alpes face au changement climatique.

Reportage France TV sur cette réouverture à retrouver ici.

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