Gréolières – Pourquoi le ski a un bel avenir à Gréolières ?

Production de neige de culture Gréolières Les Neiges

On parle beaucoup de la fin du ski en moyenne montagne. De la remontée de la limite pluie-neige et des chutes de neige de plus en plus rares. C’est vrai et c’est particulièrement vrai à Gréolières qui est proche de la mer et qui voit maintenant plus de jours de pluie que de jour de neige.  Mais alors comment parler d’un avenir pour le ski dans la petite station du Cheiron ? Gréolières a encore un bel avenir avec le ski.

Une topographie très particulière

La raison est évoquée dans mon documentaire :  « Et Demain ? Les stations des Pré-Alpes d’Azur face au changement climatique »

Le plateau de Gréolières Les Neiges est situé au fond d’un cirque calcaire encerclé par le massif du Cheiron qui culmine à 1800 m d’altitude. Il faut voir la topographie du site comme un grand bol. La station se trouvant tout au fond du bol.

Lorsque le soleil ne réchauffe plus une surface, cette surface va perdre de l’énergie par rayonnement infrarouge. Une pellicule d’air froid va ensuite se former dans la basse atmosphère. L’air froid étant lourd, il s’écoule dans les points bas. Il va donc remplir le bol jusqu’à être à ras bord.

image-1024x515 Gréolières - Pourquoi le ski a un bel avenir à Gréolières ?
infographie de l’effet cuvette de Gréolières

Le bord de ce bol se trouve entre 1500 et 1550 m d’altitude. À ce niveau il déborde et l’air froid s’en va ailleurs. Au dessus de cette altitude on retrouve donc un régime de températures classique. En dessous il peut faire très froid. Il n’est pas rare d’avoir 20°C d’écart entre le bas et le haut de la station tôt le matin.

Ce phénomène fonctionne seulement par nuit claire et sans vent. Il est influencé par le dérèglement climatique mais les températures resteront encore très froides pour plusieurs décennies. Paradoxalement, à l’avenir on regrettera l’arrivée des précipitations et on guettera les nuits claires.

La neige de culture : la solution pour l’avenir du ski

L’avenir du ski à Gréolières passe par la neige de culture. On la décrit comme contre nature et anti écologique. Et pourtant, elle fait surtout office de bouc émissaire puisque ce n’est que de l’eau et de l’air sous pression avec un peu d’électricité pour les pompes. La ressource en eau, elle, est très contrôlée. Sur la station de Gréolières Les Neiges, depuis plusieurs années, c’est uniquement les eaux de pluie qui servent à la production de neige. Dire que son impact sur l’environnement est nul et erroné mais malheureusement l’utilisation de la neige de culture est aujourd’hui trop diabolisée par rapport à son impact réel.

Un savant cocktail

Pour produire de la neige il faut être attentif à la température humide. En fait il s’agit de surveiller la température de l’air mais aussi son taux d’hygrométrie. Sans rentrer dans le détail dans cet article, plus il fait froid et sec et plus les rendements sont intéressants. 

Grâce au froid coincé dans sa cuvette, la station obtient des rendements excellents, parmi les meilleurs du département.  Par contre, dès qu’on dépasse l’altitude limite de la cuvette, il devient beaucoup plus difficile de produire de la neige. C’est pour cela que les enneigeurs situés sur la partie haute du domaine n’ont pas servi depuis plusieurs années. Le choix est fait de se focaliser sur ce qui se situe en dessous de 1550 m environ. Le froid dans la cuvette étant encore garantie pour plusieurs décennie, Gréolières pourra encore compter sur sa neige de culture durant de longue années.

475984637_1116702010254506_7407349899012940948_n-300x225 Gréolières - Pourquoi le ski a un bel avenir à Gréolières ?
Production de neige artificielle à Gréolières Les Neiges

Une stratégie tournée vers les débutants

Consciente de ses atouts et de ses faiblesses, la station de Gréolières mise avant tout sur son espace débutants idéal pour les familles et le ski scolaire. Sa proximité avec le littoral la rend attractive. Il restera à savoir si l’attractivité de la station sans « l’ambiance blanche » qui se fera plus rare, sera intacte.

Des projets d’investissements dans le ski ?

Alors est-ce encore raisonnable de rêver d’investissement autour du ski à Gréolières Les Neiges ? 

Une sécurisation du produit neige

Lorsque la nouvelle retenue collinaire d’une capacité de 60 000 m³ a été construite, il était question d’équiper d’enneigeurs toute la piste des Dolines Basses. Une piste bleue parmi les plus belles du département. Ce projet n’a jamais vu le jour mais la retenue (si elle est pleine) permettrait d’augmenter la superficie de pistes couvertes en neige de culture.

Une nouvelle piste bleue équipée en enneigeurs ?

Actuellement il n’y a pas de pistes bleues équipées en neige de culture et c’est tout de même un manque pour la station. On passe de la verte à la rouge.

Un projet dont une étude sérieuse a été réalisée consiste à équiper la partie basse de la piste des dolines basses en enneigeurs et à installer un petit téléski à enrouleur sur la gauche de la piste actuelle. Tout ceci serait à coût maitrisé, nécessiterait peu de travaux de terrassement et pas de coupe d’arbre. Cette piste bleue apporterait un vrai plus et on pourrait imaginer une liaison vers le téléski du jas en poussant un peu. Il se trouve un peu plus haut et bénéficie d’un enneigement naturel meilleur que sur le bas du domaine. Cette piste bleue pourrait être exploitée au moins une vingtaine d’années.

Même si ce projet (qui fait partie de tout un ensemble cohérent) est à l’étude, il se heurte à des enjeux environnementaux, psychologiques, financiers et administratifs.

Conclusion

Gréolières Les Neiges bénéficie d’une topographie très particulière lui permettant d’avoir des températures très basses par nuit claires. Cet atout lui permet d’envisager la production de neige de culture pendant plusieurs décennies. Gréolières peut ainsi assurer l’avenir du ski. Alors que la station a pris un virage 4 saisons raisonnés, elle a encore un bel avenir avec les sports d’hiver et on peut même encore rêver de nouveaux projets hivernaux.

 

Laisser un commentaire